06.07.2007
PROJET GOUVERNEMENTAL
Le projet de loi relatif aux libertés des universités inscrit à l’ordre du jour de la session parlementaire du Parlement n'est que le début du vaste chantier de réforme de l'enseignement supérieur et de la recherche.
« L’enseignement supérieur et la recherche seront pour moi une priorité absolue »
Nicolas Sarkozy, projet présidentiel
L’état des lieux de nos universités appelle à l’action
• L’organisation de nos universités est doublement pénalisante : la gouvernance déficiente (Conseil d’administration pléthorique, président sans réel pouvoir) ne permet pas de définir un vrai projet d’établissement ; l’absence d’autonomie (pas de contrôle sur la politique de formation, le recrutement, la gestion des bâtiments) entrave leur développement : à titre d’exemple, les universités pour recruter doivent aujourd’hui se plier au calendrier annuel des campagnes d’emploi, ce qui peut faire durer la procédure 18 mois! A l’inverse, les grandes universités les plus performantes du monde disposent d’une large autonomie qui leur permet notamment de mobiliser des ressources financières diversifiées.
• Les étudiants français sont les premières victimes de cette situation : l’absence d’autonomie empêche l’université d’adapter son offre de formation aux besoins des étudiants et du marché de l’emploi. Résultat, trop de jeunes sans qualification (taux d’échec dramatique lors des premières années) et trop de diplômes sans réels débouchés professionnels. Mais l’absence d’autonomie, c’est aussi la vétusté des campus universitaires, une pénurie de logements étudiants, des laboratoires mal équipés… A l’heure de la bataille mondiale de l’intelligence, les universités françaises sont déclassées dans les classements internationaux.
Quelques Chiffres :
• 2,2 millions d’étudiants dans l’enseignement supérieur (multiplié par 2 depuis 1975).
• 60% des 900.000 étudiants en licence ne terminent pas les études qu’ils ont commencées.
• 20% des sortants de l’enseignement supérieur n’ont pas obtenu de diplôme.
• 5 universités françaises sont dans le Top 100 du classement de Shanghai.
Une réforme profonde de notre système universitaire assortie de moyens supplémentaires
5 milliards d’euros supplémentaires seront consacrés aux universités d’ici 2012. Pour que cet investissement supplémentaire soit efficace, il faut au préalable rendre nos universités réellement opérationnelles.
Le projet de loi relatif aux libertés des universités vise à poser les bases d’une réforme profonde de notre système universitaire.
• Des universités plus réactives : en faire de véritables acteurs de la recherche, de la formation et de l’insertion professionnelle de leurs diplômés en leur permettant de mieux adapter localement leur offre de formation aux besoins des étudiants et du marché de l’emploi.
• Une gouvernance plus efficace : le Conseil d’Administration aura véritablement un rôle de stratège et le président d’université, avec des compétences élargies, sera le porteur du projet d’établissement. Dans ce contexte modernisé, les universités qui le souhaitent pourront accéder à un statut d’autonomie réelle sur 3 grandes compétences : le budget, les ressources humaines, la gestion des bâtiments. Les universités qui auront choisi l’autonomie disposeront des moyens financiers nécessaires pour accompagner la réforme. A terme (et dans un délai de 5 ans), toutes les universités ont vocation à devenir autonomes.
• Les étudiants premiers bénéficiaires : ils seront mieux formés et leur condition de vie sera améliorée : création de campus universitaires modernes, effort sur la santé des étudiants, amélioration du système de bourses…
Les étudiants qui travaillent pour financer leurs études ou acquérir une première expérience professionnelle seront récompensés : leur revenu sera exonéré d’impôt.
Quelques idées fausses sur l’autonomie des universités
Les droits d’inscription vont-ils augmenter du fait de la réforme ? NON - Ils restent fixés au niveau national, que les universités soient autonomes ou pas.
Les diplômes vont-ils conserver leur caractère national ? OUI - Ils conservent leur caractère national et la procédure d’homologation reste inchangée.
La possible mise en concurrence des universités ? NON - Chaque université a vocation à trouver le profil qui lui convient. Certaines sont d’ores et déjà prêtes pour accéder à l’autonomie, d’autres ont besoin d’un temps d’adaptation et seront accompagnées dans ce processus. Dans un délai de 5 ans, l’objectif est que toutes les universités accèdent à l’autonomie.
En savoir plus:
- le projet de loi présenté en Conseil des ministres le mercredi 4 juillet 2007 (site du Premier ministre)
Se connecter:
- sur le site http://www.nouvelleuniversite.gouv.fr
14:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UMP, F.FILLON
EXTRAITS DU CHAT AVEC M. FILLON
François Fillon : Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que cet objectif n’est pas antinomique à celui d’inviter les jeunes à aller vers les métiers manuels. Pourquoi plus d’étudiants ? La bataille de la croissance est d’abord une bataille de l’intelligence. Pour donner un exemple, les Etats-Unis ont près de 60 % d’une classe d’âge qui obtient un diplôme de l’enseignement supérieur, c’est 37 % seulement en France. Les pays comme la Chine et l’Inde sont en train de multiplier par dix tous les ans le nombre des ingénieurs, des techniciens, qui sont formés dans leurs universités. Le développement économique de notre pays se jouera sur notre capacité à produire plus d’ingénieurs, plus de cadres supérieurs, plus de cadres tout court, plus de diplômés de l’enseignement supérieur à moyen terme. Une fois qu’on a dit cela, on n’a pas réglé la mauvaise orientation de beaucoup de jeunes. Il faut que les jeunes aillent vers les filières pour répondre aux besoins de l’économie française. Il faut les orienter vers les carrières scientifiques, techniques... De plus, il y a de plus en plus de professions manuelles qui demandent des jeunes très bien formés avec un niveau de culture générale important. Nous sommes peut-être tous amenés à changer de profession au cours de notre vie, c’est pour cela qu’il faut avoir les capacités de rebondir en ayant une bonne culture générale de base.
: Bonjour M. le Premier ministre, l’autonomie des universités ne risque-t-elle pas de privilégier les étudiants dont les parents possèdent des revenus confortables pour leurs études et les logements ? Beaucoup d’étudiants abandonnent faute de revenus trop faibles des parents ou des bourses insuffisantes.
François Fillon : Non, ce ne sera pas le cas pour une raison simple : les droits d’inscription dans les universités resteront fixés de façon nationale. Cela veut dire que l’accès à l’université est gratuit. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des charges pour les familles comme le logement, et c’est d’ailleurs pour cela qu’on réfléchit à l’augmentation des bourses, mais l’inscription à l’université restera très symbolique, ce qu’elle est aujourd’hui, car nous ne voulons pas d’une sélection par l’argent. Donner de l’autonomie aux universités, c’est leur permettre de se gérer elles-mêmes, d’innover dans le domaine de la technologie, de permettre des partenariats avec les entreprises locales. Les universités françaises souffrent d’un déficit de moyens et de qualité de l’environnement et en même temps d’un manque de visibilité internationale qui font que des étudiants français préfèrent partir étudier à l’étranger. L’université française a mis trop de contraintes sur les établissements, on va les libérer.
: Pensez-vous que l’ouverture du financement privé pour la recherche française serait une solution à la crise qu’elle est en train de passer ?
François Fillon : Evidemment, car la recherche est financée à part égale entre le secteur privé et le secteur public. Le rôle du secteur public, c’est la recherche fondamentale et le rôle du privé, c’est de financer les applications. Or, dans notre pays, l’Etat fait un gros effort sur la recherche fondamentale, mais par contre le financement privé de la recherche est très insuffisant par rapport à l’Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. Il faut que la recherche soit mieux organisée, mieux évaluée, les entreprises doivent avoir intérêt à investir dans les laboratoires de recherches, c’est l’impôt crédit recherche, par exemple.
: Bonjour M. le 1er Ministre, après les réformes sur l’université, comptez-vous faire quelque chose contre la fuite des cerveaux ? Les jeunes docteurs en sciences aimeraient savoir s’ils ont encore un avenir en France. Que leur répondez-vous ? Surtout que le privé ne peut pas accueillir tous les docteurs...
François Fillon : Pour lutter contre la fuite des cerveaux, il faut d’abord redonner à notre recherche et nos universités les moyens qui doivent être les leurs, il faut aussi accepter de réfléchir à l’organisation de notre système de recherche et au statut des personnels de la recherche. Pourquoi dans les pays anglo-saxons les chercheurs sont-ils mieux payés ? Car ils ont des contrats dans des organismes correspondant à la durée de leurs recherches. Quand le contrat est terminé, les personnes retournent enseigner à l’université. Notre système est différent, les chercheurs sont à vie chercheurs, avec un système d’évaluation qui laisse à désirer et, du coup, le pays n’arrive plus à donner à tous les jeunes chercheurs les moyens financiers qu’ils sont en droit d’attendre. Il n’est pas normal qu’un jeune chercheur ait un niveau de rémunération aussi bas par rapport à ce qu’il peut espérer aux Etats-Unis. Il faut déverrouiller le système pour éviter l’empilement des recrutements. Une dernière chose sur ce sujet : les difficultés de l’université française ont conduit au développement des grandes écoles et à une relation privilégiée entre les grandes écoles et les entreprises, alors que, dans les autres pays, les entreprises recrutent les docteurs d’universités. En France, les entreprises n’ont pas confiance dans la qualité de la formation et recrutent dans les grandes écoles. Grâce à l’évaluation, la qualité, il faut convaincre que le doctorat est une formation exceptionnelle pour recruter des cadres de haut niveau dans les entreprises.
11:30 Publié dans UNIVERSITES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : F.FILLON, UNIVERSITES









