05.01.2008

ARTICLE DU FIGARO DU 5 JANVIER 2007

Les jeunes s'interrogent sur la performance des diplômes universitaires et délaissent les filières saturées.

Les filières universitaires de sciences humaines attirent de moins en moins les bacheliers. Ces derniers leur préfèrent le droit ou la médecine, qui offrent, selon eux, davantage de garanties. Mais avec 26 500 étudiants en moins par rapport à l'année précédente, on a plus généralement assisté à la plus forte baisse d'inscriptions à l'université en licence depuis 1998, selon les dernières informations de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) du ministère de l'Éducation nationale.

«La baisse de la démographie étudiante n'explique pas tout, explique son directeur, Daniel Vitry. Les bacheliers s'orientent moins vers l'université et davantage vers les classes prépas, les grandes écoles ou les IUT.» Le nombre d'étudiants inscrits en première année à l'université a baissé de 2,2%, en dépit d'un plus grand nombre de bacheliers. Les prépas en ont certes intégré une partie, mais des bacheliers décident aussi de ne pas poursuivre leurs études dans le supérieur. Sans doute préfèrent-ils travailler directement après le bac ou encore prendre une année sabbatique, suggère-t-on au ministère.

Toutes les filières universitaires ne sont pas touchées de la même façon par la chute des effectifs. Si l'engouement pour les professions de santé (+9000 étudiants) et le droit ne se dément pas, la chute des études de sport (staps) se poursuit depuis trois ans. On est passé de 12000 nouveaux inscrits en 2003 à 7960 en 2006. «C'est une bonne nouvelle, souligne Daniel Vitry, car les staps sont trop nombreux par rapport aux débouchés offerts.»

 

On fuit les «facs poubelles»

Le désintérêt touche aussi les lettres, langues et sciences humaines, où ils sont 5,6% de moins. Dans le détail, les lettres enregistrent une baisse de 7%, les sciences humaines et sociales une diminution de 8,6%. La baisse continue des postes offerts aux concours enseignants depuis cinq ans, principaux débouchés de ces filières, explique aussi en partie ce phénomène. La mauvaise image des facs de sciences humaines, les plus mobilisées contre le contrat premier embauche notamment, en est une autre: «Facs de lettres et facs-poubelles sont depuis devenues synonymes chez beaucoup d'étudiants, explique un président d'université. Personne n'a envie de passer son temps bloqué à l'entrée des amphis par une minorité de jeunes, année après annéee. Et tout le monde sait que les investissements de l'Etat y sont moindres qu'ailleurs.»

Au ministère, on parle aussi d'une conscience plus aiguë de l'orientation. Mis en place l'an dernier, le système de préinscription, obligatoire cette année, est destiné à mieux expliquer les débouchés. Les universités préfèrent décourager certaines recrues plutôt que de les voir courir à l'échec.

Mais l'orientation ne convainc pas systématiquement: les jeunes ne montrent toujours pas un grand intérêt pour les sciences, des ­filières pourtant pourvoyeuses d'emplois. Les filières sélectives, elles, ont le vent en poupe. Les inscriptions augmentent en IUT et surtout en classes prépas (+3,3%). Une explosion limitée à 1378 étudiants en raison du petit nombre de places. Plusieurs classes préparatoires ont toutefois ouvert l'an dernier dans des villes de taille moyenne.

30.11.2007

Protocole cadre pour la réussite des universités


Le Premier Ministre, François Fillon, et Valérie Pecresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont signé le protocole cadre pour la réussite des universités avec Jean-Pierre Finance, premier président de la Conférence des présidents d’université (CPU).

Ce protocole prévoit que d’ici à 2012, conformément aux promesses du président de la République, 15 milliards d’euros supplémentaires seront investis dans l’enseignement supérieur français. Cet engagement sans précédent de l’Etat est le plus conséquent au regard de tous les autres postes budgétaires de l’Etat. Il se traduira par une dotation budgétaire d’un milliard d’euros de plus chaque année pendant cinq ans, soit 50 % d’augmentation en 5 ans.

François Fillon a déclaré : "l’université française attend depuis très longtemps un nouveau souffle. L’enseignement supérieur est une priorité du Gouvernement avec l’ambition de donner à la France les moyens d’être compétitive en matière d’enseignement supérieur et de recherche et d’accroître sa réputation d’excellence. A cet égard, la loi libertés et responsabilités des universités (LRU) est un acte fondateur pour une nouvelle gouvernance des universités."

Le Gouvernement impulse ainsi une nouvelle dynamique de confiance avec la communauté universitaire tout en renouvelant ses exigences pour l’avenir :

-  concourir efficacement dans la compétition mondiale de l’intelligence par la recherche scientifique et technologique ainsi que par la diffusion et la valorisation de ses résultats ;
-  assurer à 50 % d’une classe d’âge d’être diplômé de l’enseignement supérieur et de s’insérer professionnellement ;
-  combattre les échecs et les abandons de cursus et garantir à tout étudiant des modalités de formation adaptées pour réussir son projet professionnel et personnel.

03.08.2007

TRACT UMP "CHANGEONS L' UNIVERSITE"

 

 
A l'occasion de sa tournée des plages, la caravane de l'été de l'UMP diffuse
un tract pour expliquer les objectifs de la réforme portant sur l'autonomie
des universités votée au Parlement. Imprimé à un million d'exemplaires,
il sera également distribué lors de la rentrée universitaire.


 

Téléchargez le tract (format pdf) :    

                                                         

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                                                        ACTUALITES


Réforme de nos universités : Yves Jégo a animé un groupe de travail

Depuis quatre semaines, Yves Jégo, député de Seine-et-Marne et porte-parole de l'UMP,

a animé un groupe de travail composé de parlementaires et de personnalités qualifiées

du monde universitaire sur la réforme de nos universités.

Engagement fort du Président de la République, la loi qui vient d'être adoptée réforme

en profondeur la gouvernance et l'autonomie de nos universités afin qu'elles puissent

se battre avec les mêmes armes que leurs concurrentes

étrangères. Face aux assauts de la concurrence mondiale et pour répondre au retard

accumulé par la France dans le domaine de l'enseignement supérieur, la réforme

ouvre aux universités de notre pays un nouveau chemin de liberté.

Cette première étape en appelle d'autres : demain, il faudra poursuivre le travail

engagé en traitant avec courage la question cruciale de l'orientation des étudiants

du collège au master.

 

21.07.2007

TEXTE ADOPTE PAR LE SENAT

POUR LIRE LE TEXTE DU PROJET DE LOI RELATIF AUX LIBERTES DES UNIVERSITES :

 
TexteNo 111 adopté par le Sénat le 12 juillet 2007:

 

09.07.2007

PLUS DE LIBERTES POUR LES UNIVERSITES

Plus de libertés pour les universités

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a présenté un projet de loi relatif aux libertés des universités le 4 juillet 2007.

Ce projet de loi met en œuvre les engagements pris par le Président de la République devant les Français. Il s'agit de permettre à toutes les universités d'affirmer leur excellence scientifique et d'offrir aux étudiants les conditions d'une réussite sociale et personnelle fondée sur le travail et le mérite. L'atteinte de cet objectif passe par une réforme profonde de l'organisation et du fonctionnement des universités.

  1. L'orientation et l'insertion professionnelle sont expressément rangées parmi les missions du service public de l'enseignement supérieur.

  2. La gouvernance de toutes les universités sera rénovée dans le délai d'un an pour les rendre plus réactives, simplifier les procédures, clarifier leurs missions et accroître leur capacité d'initiative. A cet effet, le conseil d'administration s'ouvre à davantage de personnalités extérieures à l'université et sa taille est divisée par deux, tandis que son autorité sur les composantes de l'université et le recrutement des personnels est renforcée afin d'affirmer son rôle de stratège. Les compétences du président de l'université sont également élargies. Choisi par les membres élus du conseil d'administration pour un mandat d'une durée de quatre ans, renouvelable une fois, détenteur de l'autorité en matière de gestion et d'administration de l'université et disposant d'un droit de regard sur toutes les affectations prononcées dans l'établissement, il doit s'imposer comme l'animateur d'une équipe de direction cohérente et le porteur du projet d'établissement.

  3. Les compétences des universités seront renforcées pour leur permettre d'affronter dans les meilleures conditions la concurrence internationale :
    •  une nouvelle procédure de recrutement des personnels enseignants, plus rapide, sera mise en place dans le but de permettre une gestion plus réactive des emplois mieux adaptée à la mobilité nécessaire au monde universitaire ;
    •  toutes les universités disposeront, au plus tard dans un délai de cinq ans, d'un bloc de responsabilités et de compétences élargies en matière budgétaire (mise en place d'un budget global) et de gestion des ressources humaines (modulation des obligations de service, gestion des primes au niveau de l'université, possibilité de recruter des contractuels pour occuper des fonctions correspondant à des emplois de catégorie A, y compris des emplois d'enseignement et de recherche) ;
    •  la pleine propriété de leur patrimoine immobilier sera transférée aux universités qui en feront la demande ;
    •  les universités pourront créer des fondations sans personnalité morale dont la dotation sera facilitée par la mise en place de dispositifs fiscaux avantageux pour les particuliers et les entreprises, afin de favoriser le mécénat intellectuel.

  4. La réforme des universités vers plus d'autonomie s'accompagnera d'une redéfinition du rôle de l'État fondée sur un contrat pluriannuel, un contrôle de légalité renforcé et le suivi attentif de l'application de la loi. Le caractère national des diplômes et la fixation des droits d'inscription par arrêté du ministre sont maintenus.

  5. Les étudiants pourront choisir librement l'établissement dans lequel ils souhaitent poursuivre leurs études et bénéficieront d'une orientation active avec la mise en place d'une procédure de préinscription pour l'entrée en première année de l'université. Le projet de loi prévoit également la possibilité pour les présidents d'université de recruter des étudiants pour des activités de tutorat ou de service en bibliothèque. Il met en place un dispositif d'information et de formation des élus étudiants pour leur permettre d'exercer leurs mandats dans les meilleures conditions.

Ce projet de loi constitue le socle d'un projet ambitieux pour l'université, qui se construira par étape sur cinq piliers : la réussite en licence, l'amélioration des conditions de vie étudiante, la modernisation des conditions matérielles de l'exercice des missions de l'enseignement supérieur et de l'université ainsi que l'amélioration des carrières des personnels et de la condition des jeunes chercheurs et des enseignants-chercheurs. Ces chantiers trouveront leurs premières traductions dans le projet de loi de finances pour 2008.
 Pour télécharger l'argumentaire au format PDF, cliquez ici

06.07.2007

EXTRAITS DU CHAT AVEC M. FILLON

M. le Premier ministre, pourquoi avoir l’objectif d’avoir 50 % des étudiants diplômés des études supérieures alors qu’aujourd’hui déjà les artisans, les entreprises du bâtiment et autres ne trouvent plus de serruriers, d’électriciens, de plombiers... Et que des diplômés ne trouvent pas d’emploi. Merci.

François Fillon : Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que cet objectif n’est pas antinomique à celui d’inviter les jeunes à aller vers les métiers manuels. Pourquoi plus d’étudiants ? La bataille de la croissance est d’abord une bataille de l’intelligence. Pour donner un exemple, les Etats-Unis ont près de 60 % d’une classe d’âge qui obtient un diplôme de l’enseignement supérieur, c’est 37 % seulement en France. Les pays comme la Chine et l’Inde sont en train de multiplier par dix tous les ans le nombre des ingénieurs, des techniciens, qui sont formés dans leurs universités. Le développement économique de notre pays se jouera sur notre capacité à produire plus d’ingénieurs, plus de cadres supérieurs, plus de cadres tout court, plus de diplômés de l’enseignement supérieur à moyen terme. Une fois qu’on a dit cela, on n’a pas réglé la mauvaise orientation de beaucoup de jeunes. Il faut que les jeunes aillent vers les filières pour répondre aux besoins de l’économie française. Il faut les orienter vers les carrières scientifiques, techniques... De plus, il y a de plus en plus de professions manuelles qui demandent des jeunes très bien formés avec un niveau de culture générale important. Nous sommes peut-être tous amenés à changer de profession au cours de notre vie, c’est pour cela qu’il faut avoir les capacités de rebondir en ayant une bonne culture générale de base.

 : Bonjour M. le Premier ministre, l’autonomie des universités ne risque-t-elle pas de privilégier les étudiants dont les parents possèdent des revenus confortables pour leurs études et les logements ? Beaucoup d’étudiants abandonnent faute de revenus trop faibles des parents ou des bourses insuffisantes.

François Fillon : Non, ce ne sera pas le cas pour une raison simple : les droits d’inscription dans les universités resteront fixés de façon nationale. Cela veut dire que l’accès à l’université est gratuit. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des charges pour les familles comme le logement, et c’est d’ailleurs pour cela qu’on réfléchit à l’augmentation des bourses, mais l’inscription à l’université restera très symbolique, ce qu’elle est aujourd’hui, car nous ne voulons pas d’une sélection par l’argent. Donner de l’autonomie aux universités, c’est leur permettre de se gérer elles-mêmes, d’innover dans le domaine de la technologie, de permettre des partenariats avec les entreprises locales. Les universités françaises souffrent d’un déficit de moyens et de qualité de l’environnement et en même temps d’un manque de visibilité internationale qui font que des étudiants français préfèrent partir étudier à l’étranger. L’université française a mis trop de contraintes sur les établissements, on va les libérer.

: Pensez-vous que l’ouverture du financement privé pour la recherche française serait une solution à la crise qu’elle est en train de passer ?

François Fillon : Evidemment, car la recherche est financée à part égale entre le secteur privé et le secteur public. Le rôle du secteur public, c’est la recherche fondamentale et le rôle du privé, c’est de financer les applications. Or, dans notre pays, l’Etat fait un gros effort sur la recherche fondamentale, mais par contre le financement privé de la recherche est très insuffisant par rapport à l’Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. Il faut que la recherche soit mieux organisée, mieux évaluée, les entreprises doivent avoir intérêt à investir dans les laboratoires de recherches, c’est l’impôt crédit recherche, par exemple.

 : Bonjour M. le 1er Ministre, après les réformes sur l’université, comptez-vous faire quelque chose contre la fuite des cerveaux ? Les jeunes docteurs en sciences aimeraient savoir s’ils ont encore un avenir en France. Que leur répondez-vous ? Surtout que le privé ne peut pas accueillir tous les docteurs...

François Fillon : Pour lutter contre la fuite des cerveaux, il faut d’abord redonner à notre recherche et nos universités les moyens qui doivent être les leurs, il faut aussi accepter de réfléchir à l’organisation de notre système de recherche et au statut des personnels de la recherche. Pourquoi dans les pays anglo-saxons les chercheurs sont-ils mieux payés ? Car ils ont des contrats dans des organismes correspondant à la durée de leurs recherches. Quand le contrat est terminé, les personnes retournent enseigner à l’université. Notre système est différent, les chercheurs sont à vie chercheurs, avec un système d’évaluation qui laisse à désirer et, du coup, le pays n’arrive plus à donner à tous les jeunes chercheurs les moyens financiers qu’ils sont en droit d’attendre. Il n’est pas normal qu’un jeune chercheur ait un niveau de rémunération aussi bas par rapport à ce qu’il peut espérer aux Etats-Unis. Il faut déverrouiller le système pour éviter l’empilement des recrutements. Une dernière chose sur ce sujet : les difficultés de l’université française ont conduit au développement des grandes écoles et à une relation privilégiée entre les grandes écoles et les entreprises, alors que, dans les autres pays, les entreprises recrutent les docteurs d’universités. En France, les entreprises n’ont pas confiance dans la qualité de la formation et recrutent dans les grandes écoles. Grâce à l’évaluation, la qualité, il faut convaincre que le doctorat est une formation exceptionnelle pour recruter des cadres de haut niveau dans les entreprises.

04.07.2007

CHAT AVEC FRANCOIS FILLON

 Posez dès maintenant vos questions au chef du Gouvernement

 

Le Premier ministre a prononcé le 3 juillet sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Les thèmes énoncés sont notamment :

-  la modernisation des institutions ;
-  le renforcement de la démocratie sociale ;
-  la réforme de l’Université ;
-  l’accroissement de l’effort de recherche ;
-  la maîtrise des dépenses publiques ;
-  l’efficacité du système éducatif ;
-  l’accès élargi à la culture ;
-  l’action de la France en faveur de la paix et du développement ;
-  la lutte contre le réchauffement climatique ;
-  la proposition d’une loi de programmation militaire ;
-  la relance de l’Europe ;
-  la rénovation des quartiers ;
-  la politique d’immigration choisie ;
-  l’adaptation de la justice aux évolutions de la société ;
-  les nouveaux moyens pour la sécurité des Français ;
-  l’objectif d’une "nouvelle croissance" et du plein emploi ;
-  la réforme des retraites ;
-  l’équilibre des dépenses de l’Assurance maladie.

Par ce chat, François Fillon souhaite lancer le dialogue avec les citoyens sur internet.

DISCOURS DE M. FRANCOIS FILLON

Réforme de l’université. Celle-ci se fera autour d’un double objectif : conduire 50 % de chaque classe d’âge vers un 

diplôme de l’enseignement supérieur, et faire des universités des pôles d’excellence. Outre la réforme sur la gouvernance

des universités, le Premier ministre a insisté sur la concertation engagée sur les conditions de vie et de travail des

étudiants - il s’agit de lutter contre l’échec en première année, de favoriser l’insertion professionnelle mais aussi de créer

de véritables campus autour des universités.

Parallèlement, le Premier ministre a annoncé un investissement massif dans la recherche, qui devrait atteindre 3 % du PIB.

 

 

"Il a par ailleurs annoncé une enveloppe supplémentaire de cinq milliards d'euros pour les universités françaises d'ici à

2012, posant la rénovation de l'enseignement supérieur en "priorité absolue" de son gouvernement. "Depuis 25 ans, faute de

courage, nous acceptons la sélection par l'échec plutôt que par l'orientation et le mérite. (...) Nous allons rebâtir l'université française,

(...) et faire de nos universités des pôles d'excellence, disposant d'une autonomie réelle, avec une responsabilité financière et

pédagogique accrue", posant également comme objectif de "conduire 50 % de notre jeunesse vers un diplôme de l'enseignement

supérieur". Le Monde

28.06.2007

PATRICK DEVEDJIAN : LA QUESTION DE L'AUTONOMIE DES UNIVERSITES

La question de l'autonomie des universités est capitale
Interview de Patrick Devedjian
Secrétaire général délégué
LCI – mercredi 27 juin 2007

Report de l’examen en Conseil des ministres, concession aux syndicats étudiants et aux syndicats enseignants, est-ce que l’autonomie des universités oblige N. Sarkozy a sa première reculade ?
Si l’on prend huit jours de plus pour discuter, pour mettre au point le texte, je trouve que c’est très sage.

C’est "mettre au point" ou c’est le vider un peu de son contenu le plus audacieux ?
Non. La question de l’autonomie demeure et elle est capitale, parce que ce qui compte, finalement, c’est ce qu’on va sortir comme étudiants de nos universités. Est-ce que ce sera des étudiants qui seront davantage en phase avec les besoins de notre économie ? Une université qui fabrique tant de chômeurs c’est préoccupant tout de même.

Pas de sélection à l’entrée de la 4ème année, le Mastère, ou à l’entrée de la 5ème année. Qu’est-ce qu’on peut négocier avec les étudiants pour préserver cette visée d’excellence ?
C’est surtout les présidents d’université qui sont attachés à cette sélection à la 4ème année. Il faut en débattre avec eux et avec les étudiants.

Peut-on ne pas former de chômeurs sans faire de la sélection ?
De toute façon, même à la 5ème année, c’est encore de la sélection. Alors, il vaut mieux la faire un peu plus tôt pour leur éviter de s’engager dans des impasses. Moi, je suis d’accord avec les présidents d’université. Voyez, c’est un peu contesté.

Faut-il écouter les étudiants et mieux les représenter dans les conseils d’administration ?
Ils sont trois sur vingt dans le projet. Il y a encore un petit peu de marge quand même, évidemment, pour discuter. Auparavant, il y avait soixante membres dans le conseil d’administration, on l’a divisé par trois. Il faut dire que c’était l’armée mexicaine, une gouvernance très difficile à exercer. L’essentiel, c’est que le conseil d’administration puisse prendre des décisions.

Est-ce qu’il ne faudrait pas se donner plus de temps et viser plutôt la rentrée universitaire 2008 pour passer à l’autre menu ?
Non, je ne crois. On en débat depuis vingt ans de cette histoire de l’autonomie des universités. La France est une exception dans le monde et le classement des universités françaises ne cesse de se dégrader par comparaison aux autres pays. Il y a vraiment urgence parce qu’il s’agit de l’avenir de nos enfants, il ne s’agit pas de se faire plaisir en discutant les uns et les autres, interminablement. On connaît tous le sujet, on sait tous ce qu’il faut faire.

C’est la malédiction de la droite, elle n’a jamais su parvenir, elle a toujours eu des millions d’étudiants dans la rue pour protester.
Je ne sais pas si c’est la malédiction de la droite, mais cela a souvent été aussi la grande faiblesse de la gauche parce qu’elle n’a rien fait. Il y a des gens courageux mais au bout du compte, ils ont aussi échoué.

Est-ce qu’il ne faut pas appeler un chat un chat et dire qu’il va y avoir une université à plusieurs vitesses, avec de très bonnes facs, des moyennes et des mauvaises ?
Ce sera peut-être le résultat de l’autonomie. Chacun pourra bâtir son projet et, finalement, les étudiants jugeront. Il y a déjà de bonnes facs et des mauvaises facs, de facto, même dans le système hypercentralisé que nous avons, cela existe, c’est déjà le cas, on ne veut pas aller dans n’importe quelle université. Là, il y aura davantage de responsabilité de la part du conseil d’administration.

V. Pécresse, la jeune ministre en charge du dossier, n’a-t-elle pas confondu vitesse et précipitation dans cette affaire ?
On ne peut pas dire, parce qu’on prend huit jours de plus pour discuter, que franchement il y a eu une reculade, comme vous avez osé employer le mot.

Mais enfin, il y a de la précipitation parce qu’on veut faire cela en juillet, rapidement, pendant les vacances scolaires, pour éviter la mobilisation à la rentrée.
Il vaut mieux le faire maintenant parce qu’on pourra le mettre en oeuvre à la rentrée.

19.06.2007

CEREMONIE DE REMISE DE DIPLOME

Avec ou sans cérémonial, ils ont décroché des diplômes qui leur ont servi de sésame vers la renommée. Ils estiment que l'Université a eu tort, après Mai  68, d'abandonner la solennité du rite.

 
Emmanuel Le Roy Ladurie, historien : « Dans l'amphithéâtre de l'ancienne Sorbonne, en 1966, pour soutenir ma thèse sur les paysans du Languedoc, j'étais face à un jury prestigieux composé entre autres de Fernand Braudel. La soutenance de la thèse est indissociable de l'instant où le diplôme est remis. Pour moi, ce moment fut véritablement important. Le cérémonial y est pour quelque chose. Des auteurs y voient même l'eucharistie du chercheur. C'est le moment où il est transfiguré et devient quelqu'un d'autre. Il passe de l'autre côté. En 1966, il n'y avait pas la robe à porter. Les amis et la famille venaient aussi pour écouter la soutenance de thèse. La thèse, c'était aussi un monument. Et le jury était beaucoup plus méchant ! »
 
Marc Ferro, historien : « Docteur en histoire en 1967, docteur ès lettres en 1976, j'ai connu le grand amphithéâtre de la Sorbonne. C'était l'enjeu d'une vie. C'était essentiel. Sur le moment, en 1968, ma génération n'a pas été choquée par la suppression de ces cérémonies. Mais, après coup, nous avons considéré que cette démocratisation apparente était une marche de plus qui faisait descendre le niveau universitaire. Ce cérémonial n'était pas incongru pour développer les valeurs de travail et de recherche au service de la cause publique. Je pense que le retour à la tradition n'est pas une mauvaise chose. L'ordre judiciaire, par exemple, a su garder des normes extérieures qui, malgré les critiques, apparaissent comme une garantie de son autorité. » 
 
Guy Carcassonne, juriste : « Aujourd'hui, il n'y a que du champagne tiède et quelques canapés. C'était le cas aussi pour moi, en 1979, à Nanterre. Je n'ai aucun regret me concernant mais, pour l'avenir, je ne vois que de bonnes raisons d'investir davantage ce moment. Cela crée une fierté commune. La dimension familiale est très importante : les parents qui se sont saignés aux quatre veines voient leur enfant diplômé et c'est formidable. » 
 
Boris Cyrulnik, psychiatre : « J'ai reçu mon doctorat à Paris en 1970 sans aucune cérémonie. C'était pratiquement à la chaîne. Je m'en souviens à peine. C'était banal, gris. Pourtant, je crois que c'est un rituel d'intégration primordial. L'Université vous dit :»Ça y est, désormais vous êtes docteur*. Dans bien des endroits, ces cérémonies sont devenues essentielles. C'est comme un petit mariage. Cela marque une vie. J'ai le souvenir de familles modestes venues voir à Marseille leur fils thésard. C'était très émouvant : les pères avec le béret encore accroché à la tête, les mères avec la robe mal ajustée. Ils voyaient là une
 
Reconnaissance forte. »
 
 
LE FIGARO  19 JUIN 2007
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