05.01.2008

ARTICLE DU FIGARO DU 5 JANVIER 2007

Les jeunes s'interrogent sur la performance des diplômes universitaires et délaissent les filières saturées.

Les filières universitaires de sciences humaines attirent de moins en moins les bacheliers. Ces derniers leur préfèrent le droit ou la médecine, qui offrent, selon eux, davantage de garanties. Mais avec 26 500 étudiants en moins par rapport à l'année précédente, on a plus généralement assisté à la plus forte baisse d'inscriptions à l'université en licence depuis 1998, selon les dernières informations de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) du ministère de l'Éducation nationale.

«La baisse de la démographie étudiante n'explique pas tout, explique son directeur, Daniel Vitry. Les bacheliers s'orientent moins vers l'université et davantage vers les classes prépas, les grandes écoles ou les IUT.» Le nombre d'étudiants inscrits en première année à l'université a baissé de 2,2%, en dépit d'un plus grand nombre de bacheliers. Les prépas en ont certes intégré une partie, mais des bacheliers décident aussi de ne pas poursuivre leurs études dans le supérieur. Sans doute préfèrent-ils travailler directement après le bac ou encore prendre une année sabbatique, suggère-t-on au ministère.

Toutes les filières universitaires ne sont pas touchées de la même façon par la chute des effectifs. Si l'engouement pour les professions de santé (+9000 étudiants) et le droit ne se dément pas, la chute des études de sport (staps) se poursuit depuis trois ans. On est passé de 12000 nouveaux inscrits en 2003 à 7960 en 2006. «C'est une bonne nouvelle, souligne Daniel Vitry, car les staps sont trop nombreux par rapport aux débouchés offerts.»

 

On fuit les «facs poubelles»

Le désintérêt touche aussi les lettres, langues et sciences humaines, où ils sont 5,6% de moins. Dans le détail, les lettres enregistrent une baisse de 7%, les sciences humaines et sociales une diminution de 8,6%. La baisse continue des postes offerts aux concours enseignants depuis cinq ans, principaux débouchés de ces filières, explique aussi en partie ce phénomène. La mauvaise image des facs de sciences humaines, les plus mobilisées contre le contrat premier embauche notamment, en est une autre: «Facs de lettres et facs-poubelles sont depuis devenues synonymes chez beaucoup d'étudiants, explique un président d'université. Personne n'a envie de passer son temps bloqué à l'entrée des amphis par une minorité de jeunes, année après annéee. Et tout le monde sait que les investissements de l'Etat y sont moindres qu'ailleurs.»

Au ministère, on parle aussi d'une conscience plus aiguë de l'orientation. Mis en place l'an dernier, le système de préinscription, obligatoire cette année, est destiné à mieux expliquer les débouchés. Les universités préfèrent décourager certaines recrues plutôt que de les voir courir à l'échec.

Mais l'orientation ne convainc pas systématiquement: les jeunes ne montrent toujours pas un grand intérêt pour les sciences, des ­filières pourtant pourvoyeuses d'emplois. Les filières sélectives, elles, ont le vent en poupe. Les inscriptions augmentent en IUT et surtout en classes prépas (+3,3%). Une explosion limitée à 1378 étudiants en raison du petit nombre de places. Plusieurs classes préparatoires ont toutefois ouvert l'an dernier dans des villes de taille moyenne.

30.11.2007

Protocole cadre pour la réussite des universités


Le Premier Ministre, François Fillon, et Valérie Pecresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont signé le protocole cadre pour la réussite des universités avec Jean-Pierre Finance, premier président de la Conférence des présidents d’université (CPU).

Ce protocole prévoit que d’ici à 2012, conformément aux promesses du président de la République, 15 milliards d’euros supplémentaires seront investis dans l’enseignement supérieur français. Cet engagement sans précédent de l’Etat est le plus conséquent au regard de tous les autres postes budgétaires de l’Etat. Il se traduira par une dotation budgétaire d’un milliard d’euros de plus chaque année pendant cinq ans, soit 50 % d’augmentation en 5 ans.

François Fillon a déclaré : "l’université française attend depuis très longtemps un nouveau souffle. L’enseignement supérieur est une priorité du Gouvernement avec l’ambition de donner à la France les moyens d’être compétitive en matière d’enseignement supérieur et de recherche et d’accroître sa réputation d’excellence. A cet égard, la loi libertés et responsabilités des universités (LRU) est un acte fondateur pour une nouvelle gouvernance des universités."

Le Gouvernement impulse ainsi une nouvelle dynamique de confiance avec la communauté universitaire tout en renouvelant ses exigences pour l’avenir :

-  concourir efficacement dans la compétition mondiale de l’intelligence par la recherche scientifique et technologique ainsi que par la diffusion et la valorisation de ses résultats ;
-  assurer à 50 % d’une classe d’âge d’être diplômé de l’enseignement supérieur et de s’insérer professionnellement ;
-  combattre les échecs et les abandons de cursus et garantir à tout étudiant des modalités de formation adaptées pour réussir son projet professionnel et personnel.

29.11.2007

RAS LE BOL

RAS LE BOL DE DEVOIR SE LEVER A 6 H DU MATIN (SURTOUT QUAND ON S EST COUCHE A 1 H POR BOSSER)POUR

EMPËCHER UNE POIGNEE DE MANIPULES DE BLOQUER LES BATIMENTS DE NANTERRE; hEUREUSEMENT CE MATIN LA POLICE

ETAIT PRESENTE.

S ILS VEULENT VIVRENT ASSISTES PAR L ETAT (LES CONTRIBUABLES) PLUS TARD, C ' EST LEUR CHOIX , PAS LE NOTRE 

19.11.2007

NOTE DE L'IFRAP SUR BRUNO JULLIARD

" Non ! Bruno Julliard

Sur France Inter, Bruno Julliard au nom de l’UNEF nous a servi dans une pure langue de bois un insupportable galimatias

tendant à justifier son appel à la poursuite du mouvement estudiantin…alors qu’il avait donné cet été son aval à la loi.

Par exemple il condamne les occupations de Facultés par des groupuscules anarchistes, mais aussi les interventions

policières  pour les déloger. Il faut choisir, si l’on condamne les occupations, on ne peut que justifier l’intervention qui

en est la conséquence, ou alors on ne gouverne pas. Il critique le milliard supplémentaire de crédits au seul prétexte

qu’il ne serait pas inscrit dans la loi sur l’autonomie des universités mais dans le budget au titre des rénovations de

bâtiments :qu’est-ce que ça change ? Il critique encore la création de postes supplémentaires, nécessaire le reconnaît-il,

au seul motifqu’il ne s’agirait pas de fonctionnaires publics ! Il approuve l’arrivée de fonds privés et note que la France est en retard à

ce sujet, mais s’oppose à ce qu’ils soient donnés au niveau de chaque université : mais comment faire autrement puisqu’il

s’agit justement de rapprocher entreprise et université ? Mais surtout il fait comprendre, ce qui est essentiel à ses yeux,

qu’il pense avoir le soutien de la majorité des Français défavorable à la loi sur l’autonomie. Non, Bruno Julliard, vous

n’avez pas le soutien des Français, pas plus que celui des étudiants. Que ceci soit clair, et que les étudiants et leurs

familles ne se privent pas pour le crier sur les toits et partout où cela sera utile. BN "

16.11.2007

LES GANDS AXES DE LA REFORME DES UNIVERSITES


Le rôle de l’Etat

La loi du 10 août 2007 donne tout son sens au contrat pluriannuel passé entre l’Etat et les universités. Il permet d’en faire un vrai contrat d’objectifs et de moyens avec une évaluation tous les quatre ans. Pour 2008, les crédits budgétaires des universités bénéficieront d’un milliard d’euros supplémentaires, soit une augmentation de 8 % ou l’équivalent de 400 euros de plus par étudiant. D’ici 2012, un total de cinq milliards d’euros auront été consacrés à l’université.

Les droits d’inscription

Aucune disposition de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités ne concerne les frais d’inscription. Il s’agit d’une compétence de l’Etat et ceux-ci continueront d’être fixés par arrêté du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

La sélection à l’université

L’entrée à l’université reste soumise à l’obtention du baccalauréat. La loi renforce néanmoins le principe de la liberté d’inscription en premier cycle. Elle permet ainsi de s’inscrire dans tout établissement de son académie de résidence, tout en maintenant la garantie d’inscription de chaque étudiant dans l’académie d’obtention de son baccalauréat.

Le statut des universités

Le fait que les universités soient amenées à recevoir des dons, de la part d’entreprises ou de mécènes, n’implique en aucun cas leur privatisation. En effet, les universités resteront seules maîtres de l’usage qu’elles feront de ces dons.

La valeur des diplômes

La valeur des diplômes des universités ne sera pas affectée par la réforme : ils sont et resteront nationaux, fixés par l’Etat.

En savoir plus

-  La loi du 10 août 2007, sur Légifrance
-  Les clefs de la réforme des universités, livret sur le site nouvelleuniversite.gouv.fr

MESSAGE AUX ETUDIANTS DE FRANCOIS FILLON

Je veux ici m’adresser à tous les étudiants.
Je le fais en pensant à leur avenir, dans l’écoute de leurs espoirs et de leurs doutes.
Je leur fais confiance pour préférer le dialogue à la confrontation.
Rien ne justifie la violence et les anathèmes. 
Au contraire, tout milite en faveur d’une volonté commune de moderniser l’université française.
 
Cette université, nous connaissons ses qualités. Elle est un foyer d’intelligence, de culture, de transmission des connaissances.
Dans ce XXIème siècle que certains annoncent matérialiste, utilitariste, bref, sans âme, je crois à la force du savoir – de tous les savoirs. Il est absurde d’opposer les savoirs fondamentaux et les savoirs pratiques, stérile d’opposer les sciences humaines aux sciences appliquées.
Tous contribuent au rayonnement de notre pays.
 
Cette université, nous connaissons aussi ses faiblesses.
Les étudiants sont les mieux placés pour constater qu’il y a un problème d’orientation.
Qu’il y a un énorme problème d’échec dans les premières années.
Qu’il y a un problème de débouchés vers l’emploi.
Qu’il y a toujours un manque de financement.
La France est l’un des pays d’Europe qui dépense le plus pour son système éducatif, mais depuis toujours elle a davantage privilégié le système primaire et secondaire au détriment du système universitaire. 
 
Personne n’ayant eu le courage de réformer l’université, toutes ces faiblesses se sont cumulées avec le temps.
 
Avec le Président de la République, je vous propose d’aller de l’avant.
Ensemble, faisons en sorte d’allier deux principes : la démocratisation des études supérieures et l’excellence universitaire.
 
En France, on compte moins de jeunes qui suivent des études supérieures et en sortent diplômés qu’en Suède, au Japon, en Espagne, aux Etats Unis, au Royaume Uni. Ce n’est pas normal !
 
Parce que je crois à la force du savoir et parce que je pense qu’une jeunesse cultivée et hautement qualifiée est absolument nécessaire, il faut que d’ici 5 ans, 50% de nos jeunes puissent être détenteurs d’un diplôme de l’enseignement supérieur.
 
Cette ambition démocratique, nous devons la concilier avec une autre ambition tout aussi nécessaire : celle de l’excellence. Ce mot « d’excellence » ne doit choquer personne, bien au contraire.
Je suis pour l’excellence universitaire, parce que je ne n’accepte pas que cette excellence soit réservée à quelques grandes écoles et à ceux qui ont la chance d’en faire partie. L’excellence universitaire, c’est une exigence républicaine pour tous.
 
Tous ceux qui connaissent les problèmes de l’université aboutissent au même constat : il faut rénover la façon de conduire et d’organiser nos universités car depuis 23 ans, rien n’a bougé en la matière.
C’est tout l’objet de la loi en faveur de l’autonomie des universités portée par Valérie Pécresse et votée cet été.
Cette autonomie figurait dans le projet de Nicolas Sarkozy et nul ne peut être surpris ou indigné de sa mise en œuvre.
Cette loi a fait l’objet d’une très large concertation que la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche n’a de cesse de prolonger.
Elle a rencontré l’adhésion de la conférence des présidents d’universités.
Elle a été négociée avec les organisations étudiantes qui l’ont majoritairement soutenue après avoir obtenu des garanties. Plus de soixante universités ont librement choisi d’adopter ce statut d’autonomie que nous avons voulu facultatif.
 
Cette autonomie, c’est la possibilité pour les universités de s’organiser plus librement sur le plan financier et pédagogique, de susciter de nouveaux partenariats avec le monde scientifique et économique, d’élaborer de nouvelles stratégies de croissance, de s’engager plus fortement en faveur de l’insertion professionnelle de ses étudiants, de créer des fondations…
 
Certains sont hostiles à cette réforme.
Chacun est libre de penser ce qu’il veut mais nul n’a le droit de bloquer ceux qui pensent autrement.
J’appelle tous les étudiants à la responsabilité et au respect mutuel. Je les invite à examiner sereinement les faits afin de ne pas céder aux approximations des slogans. Ces slogans, examinons-les un par un.
 
« Rendre les universités autonomes revient à les privatiser » prétendent les uns.
 
Cette critique doit faire sourire ceux qui, en mai 68, n’avaient de cesse de réclamer l’indépendance des universités par rapport à l’Etat...
Le principe dautonomie des universités est inscrit dans les textes depuis 1968. Aujourd’hui, nous voulons aller plus loin en offrant plus de force à ce principe.
Donner au président d’université le pouvoir de nouer des relations plus étroites avec le monde économique, permettre aux équipes universitaires de nouer des partenariats avec le secteur privé, ce n’est pas privatiser l’université !
C’est mettre l’université au cœur des enjeux de notre société. C’est lui permettre d’assurer une meilleure insertion professionnelle des jeunes diplômés. C’est lui permettre d’élargir ses sources de financement. Tout ceci sans désordre puisque les diplômes conserveront leur validation nationale.
 
« La loi sur l’autonomie induira forcément une hausse des droits d’inscription », prétendent les autres.  
C’est inexact puisque, conformément à la loi, c’est toujours l’Etat qui fixe le montant des droits d’inscription.
 
« La loi va accroître les inégalités entre les universités, et créer un système à deux vitesses », disent-ils.
 
Bien au contraire ! Ce qui, malheureusement, provoque ce système à deux vitesses, c’est le statu quo.
Le système à deux vitesses, c’est le résultat d’un carcan uniforme. Un carcan que les plus grands et plus prestigieux établissements d’enseignements supérieurs ont plus où moins réussi à surmonter, mais qui étouffe les autres établissements.
L’autonomie, c’est précisément la possibilité pour des universités plus modestes de mieux se spécialiser, de rayonner sur des créneaux éducatifs et scientifiques de qualité unanimement reconnue.
 
« La loi a pour objectif d’écarter les étudiants et les personnels de la décision et porte atteinte à la démocratie dans l’université », affirment certains. 
 
C’est encore inexact. Nous avons resserré les conseils d’administration des universités qui passeront d’une soixantaine de membres à une trentaine. C’est un gage d’efficacité mais aussi de démocratie. Car qui peut croire qu’un conseil pléthorique permet à chacun d’exprimer son point de vue ?
Il faut rendre au conseil d’administration sa vocation première : celle de décider de la stratégie de développement de l’université.
Les enseignants-chercheurs y sont majoritaires et sont élus sur des listes qui tiennent compte de tous les grands secteurs disciplinaires. Quant à la présence des étudiants, vaut-il mieux être quinze dans une assemblée de soixante personnes ou cinq dans une assemblée de trente ?
 
« L’orientation active c’est de la sélection déguisée », déclarent d’autres. Encore une contrevérité.
 
Oui, j’affirme qu’il faut une orientation active pour aider les étudiants à bien choisir leur voie. Il est temps de mettre un terme au gâchis représenté par les 60% d’étudiants en licence qui ne terminent pas leurs études.
Je préfère une orientation solide à la sélection par l’échec telle qu’elle existe aujourd’hui !
La loi est claire : tout titulaire du baccalauréat est libre de s’inscrire dans l’établissement de son choix. Le processus d’orientation active a été largement expérimenté l’année dernière. Il devient obligatoire cette année pour en faire bénéficier tous les lycéens de terminale. C’est le bon sens même.
 
«  Le gouvernement n’en fait pas assez pour l’université ». Ce slogan relève de la mauvaise foi ou d’une méconnaissance des faits.
En affectant 1 milliard d’euros supplémentaires à l’enseignement supérieur pour 2008, nous avons fait de l’université une priorité absolue.  
5 milliards en plus pour l’université sur cinq ans : c’est notre engagement. Aucune majorité de droite ou de gauche n’a fait autant sur le plan financier depuis 20 ans !
 
Derrière toutes ces critiques infondées, je sais qu’il existe un problème de fond : il concerne la vie étudiante. Ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir être épaulés par leurs parents éprouvent de véritables difficultés matérielles. Je mesure le désarroi de certains.
Ce problème n’a cessé de croître, depuis les années 80, avec l’allongement des études.
On ne réglera pas ce problème en un jour mais nous nous y attaquons résolument.
Ce que nous voulons, c’est d’abord aider les jeunes issus des milieux les plus modestes.
Les bourses vont augmenter de 2,5% et de 4,5% pour ceux qui sont les moins favorisés. C’est le plus fort taux d’augmentation depuis cinq ans.
Nous avons, par ailleurs, élargi les conditions d’accès aux bourses : il y aura 100 000 étudiants boursiers en plus à la rentrée 2008.
16% d’augmentation des allocations de recherche pour les doctorants allocataires moniteurs sont prévus. Et 11 M€ supplémentaires pour les logements étudiants ont été dégagés.
 
Au regard de tous ces éléments, j’invite les étudiants à choisir le changement qu’imprime la loi sur l’autonomie plutôt que le blocage et le statu quo.
L’Université française attend depuis si longtemps un nouveau souffle. Offrons-lui maintenant et ensemble cette chance.
 
 
François Fillon

16.08.2007

LOI N° 2007 1199 LIBERTES UNIVERSITES

 

 LOI RELATIVE AUX LIBERTES ET RESPONSABILITES DES UIVERSITES

ADOPTEE PAR LE SENAT ET L'ASSEMBLEE NATIONALE

  
Loi No 2007-1199 du 10 août 2007 parue au JO 2007-1199 du 11 août 2007:
Lire la loi promulguée
( http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ESRX0757893L )
 

 

 

 

 

 

21.07.2007

TEXTE ADOPTE PAR LE SENAT

POUR LIRE LE TEXTE DU PROJET DE LOI RELATIF AUX LIBERTES DES UNIVERSITES :

 
TexteNo 111 adopté par le Sénat le 12 juillet 2007:

 

09.07.2007

PLUS DE LIBERTES POUR LES UNIVERSITES

Plus de libertés pour les universités

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a présenté un projet de loi relatif aux libertés des universités le 4 juillet 2007.

Ce projet de loi met en œuvre les engagements pris par le Président de la République devant les Français. Il s'agit de permettre à toutes les universités d'affirmer leur excellence scientifique et d'offrir aux étudiants les conditions d'une réussite sociale et personnelle fondée sur le travail et le mérite. L'atteinte de cet objectif passe par une réforme profonde de l'organisation et du fonctionnement des universités.

  1. L'orientation et l'insertion professionnelle sont expressément rangées parmi les missions du service public de l'enseignement supérieur.

  2. La gouvernance de toutes les universités sera rénovée dans le délai d'un an pour les rendre plus réactives, simplifier les procédures, clarifier leurs missions et accroître leur capacité d'initiative. A cet effet, le conseil d'administration s'ouvre à davantage de personnalités extérieures à l'université et sa taille est divisée par deux, tandis que son autorité sur les composantes de l'université et le recrutement des personnels est renforcée afin d'affirmer son rôle de stratège. Les compétences du président de l'université sont également élargies. Choisi par les membres élus du conseil d'administration pour un mandat d'une durée de quatre ans, renouvelable une fois, détenteur de l'autorité en matière de gestion et d'administration de l'université et disposant d'un droit de regard sur toutes les affectations prononcées dans l'établissement, il doit s'imposer comme l'animateur d'une équipe de direction cohérente et le porteur du projet d'établissement.

  3. Les compétences des universités seront renforcées pour leur permettre d'affronter dans les meilleures conditions la concurrence internationale :
    •  une nouvelle procédure de recrutement des personnels enseignants, plus rapide, sera mise en place dans le but de permettre une gestion plus réactive des emplois mieux adaptée à la mobilité nécessaire au monde universitaire ;
    •  toutes les universités disposeront, au plus tard dans un délai de cinq ans, d'un bloc de responsabilités et de compétences élargies en matière budgétaire (mise en place d'un budget global) et de gestion des ressources humaines (modulation des obligations de service, gestion des primes au niveau de l'université, possibilité de recruter des contractuels pour occuper des fonctions correspondant à des emplois de catégorie A, y compris des emplois d'enseignement et de recherche) ;
    •  la pleine propriété de leur patrimoine immobilier sera transférée aux universités qui en feront la demande ;
    •  les universités pourront créer des fondations sans personnalité morale dont la dotation sera facilitée par la mise en place de dispositifs fiscaux avantageux pour les particuliers et les entreprises, afin de favoriser le mécénat intellectuel.

  4. La réforme des universités vers plus d'autonomie s'accompagnera d'une redéfinition du rôle de l'État fondée sur un contrat pluriannuel, un contrôle de légalité renforcé et le suivi attentif de l'application de la loi. Le caractère national des diplômes et la fixation des droits d'inscription par arrêté du ministre sont maintenus.

  5. Les étudiants pourront choisir librement l'établissement dans lequel ils souhaitent poursuivre leurs études et bénéficieront d'une orientation active avec la mise en place d'une procédure de préinscription pour l'entrée en première année de l'université. Le projet de loi prévoit également la possibilité pour les présidents d'université de recruter des étudiants pour des activités de tutorat ou de service en bibliothèque. Il met en place un dispositif d'information et de formation des élus étudiants pour leur permettre d'exercer leurs mandats dans les meilleures conditions.

Ce projet de loi constitue le socle d'un projet ambitieux pour l'université, qui se construira par étape sur cinq piliers : la réussite en licence, l'amélioration des conditions de vie étudiante, la modernisation des conditions matérielles de l'exercice des missions de l'enseignement supérieur et de l'université ainsi que l'amélioration des carrières des personnels et de la condition des jeunes chercheurs et des enseignants-chercheurs. Ces chantiers trouveront leurs premières traductions dans le projet de loi de finances pour 2008.
 Pour télécharger l'argumentaire au format PDF, cliquez ici

06.07.2007

EXTRAITS DU CHAT AVEC M. FILLON

M. le Premier ministre, pourquoi avoir l’objectif d’avoir 50 % des étudiants diplômés des études supérieures alors qu’aujourd’hui déjà les artisans, les entreprises du bâtiment et autres ne trouvent plus de serruriers, d’électriciens, de plombiers... Et que des diplômés ne trouvent pas d’emploi. Merci.

François Fillon : Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que cet objectif n’est pas antinomique à celui d’inviter les jeunes à aller vers les métiers manuels. Pourquoi plus d’étudiants ? La bataille de la croissance est d’abord une bataille de l’intelligence. Pour donner un exemple, les Etats-Unis ont près de 60 % d’une classe d’âge qui obtient un diplôme de l’enseignement supérieur, c’est 37 % seulement en France. Les pays comme la Chine et l’Inde sont en train de multiplier par dix tous les ans le nombre des ingénieurs, des techniciens, qui sont formés dans leurs universités. Le développement économique de notre pays se jouera sur notre capacité à produire plus d’ingénieurs, plus de cadres supérieurs, plus de cadres tout court, plus de diplômés de l’enseignement supérieur à moyen terme. Une fois qu’on a dit cela, on n’a pas réglé la mauvaise orientation de beaucoup de jeunes. Il faut que les jeunes aillent vers les filières pour répondre aux besoins de l’économie française. Il faut les orienter vers les carrières scientifiques, techniques... De plus, il y a de plus en plus de professions manuelles qui demandent des jeunes très bien formés avec un niveau de culture générale important. Nous sommes peut-être tous amenés à changer de profession au cours de notre vie, c’est pour cela qu’il faut avoir les capacités de rebondir en ayant une bonne culture générale de base.

 : Bonjour M. le Premier ministre, l’autonomie des universités ne risque-t-elle pas de privilégier les étudiants dont les parents possèdent des revenus confortables pour leurs études et les logements ? Beaucoup d’étudiants abandonnent faute de revenus trop faibles des parents ou des bourses insuffisantes.

François Fillon : Non, ce ne sera pas le cas pour une raison simple : les droits d’inscription dans les universités resteront fixés de façon nationale. Cela veut dire que l’accès à l’université est gratuit. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des charges pour les familles comme le logement, et c’est d’ailleurs pour cela qu’on réfléchit à l’augmentation des bourses, mais l’inscription à l’université restera très symbolique, ce qu’elle est aujourd’hui, car nous ne voulons pas d’une sélection par l’argent. Donner de l’autonomie aux universités, c’est leur permettre de se gérer elles-mêmes, d’innover dans le domaine de la technologie, de permettre des partenariats avec les entreprises locales. Les universités françaises souffrent d’un déficit de moyens et de qualité de l’environnement et en même temps d’un manque de visibilité internationale qui font que des étudiants français préfèrent partir étudier à l’étranger. L’université française a mis trop de contraintes sur les établissements, on va les libérer.

: Pensez-vous que l’ouverture du financement privé pour la recherche française serait une solution à la crise qu’elle est en train de passer ?

François Fillon : Evidemment, car la recherche est financée à part égale entre le secteur privé et le secteur public. Le rôle du secteur public, c’est la recherche fondamentale et le rôle du privé, c’est de financer les applications. Or, dans notre pays, l’Etat fait un gros effort sur la recherche fondamentale, mais par contre le financement privé de la recherche est très insuffisant par rapport à l’Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. Il faut que la recherche soit mieux organisée, mieux évaluée, les entreprises doivent avoir intérêt à investir dans les laboratoires de recherches, c’est l’impôt crédit recherche, par exemple.

 : Bonjour M. le 1er Ministre, après les réformes sur l’université, comptez-vous faire quelque chose contre la fuite des cerveaux ? Les jeunes docteurs en sciences aimeraient savoir s’ils ont encore un avenir en France. Que leur répondez-vous ? Surtout que le privé ne peut pas accueillir tous les docteurs...

François Fillon : Pour lutter contre la fuite des cerveaux, il faut d’abord redonner à notre recherche et nos universités les moyens qui doivent être les leurs, il faut aussi accepter de réfléchir à l’organisation de notre système de recherche et au statut des personnels de la recherche. Pourquoi dans les pays anglo-saxons les chercheurs sont-ils mieux payés ? Car ils ont des contrats dans des organismes correspondant à la durée de leurs recherches. Quand le contrat est terminé, les personnes retournent enseigner à l’université. Notre système est différent, les chercheurs sont à vie chercheurs, avec un système d’évaluation qui laisse à désirer et, du coup, le pays n’arrive plus à donner à tous les jeunes chercheurs les moyens financiers qu’ils sont en droit d’attendre. Il n’est pas normal qu’un jeune chercheur ait un niveau de rémunération aussi bas par rapport à ce qu’il peut espérer aux Etats-Unis. Il faut déverrouiller le système pour éviter l’empilement des recrutements. Une dernière chose sur ce sujet : les difficultés de l’université française ont conduit au développement des grandes écoles et à une relation privilégiée entre les grandes écoles et les entreprises, alors que, dans les autres pays, les entreprises recrutent les docteurs d’universités. En France, les entreprises n’ont pas confiance dans la qualité de la formation et recrutent dans les grandes écoles. Grâce à l’évaluation, la qualité, il faut convaincre que le doctorat est une formation exceptionnelle pour recruter des cadres de haut niveau dans les entreprises.

Toutes les notes